Loading...

QU’EST-CE QUE L’HYPNOSE?

Si l’hypnose existe sous différentes formes depuis plus de deux siècles et si elle à été largement utilisée à d’autres époques pour aider les patients dans les situations chirurgicales, son utilisation actuelle s’est développée de manière tout à fait originale depuis une douzaine d’années. L’hypnose permet un accès direct à notre partie inconsciente. Le pouvoir de la suggestion hypnotique et ses effets sont prouvés scientifiquement. 

jules-cloquet

L’hypnose apparaît dans le domaine médical au moment de la révolution française, pourtant cette méthode thérapeutique ne s’appelle pas encore hypnose mais « magnétisme animal » développé par le médecin autrichien le Dr Messmer.

Le 12 avril 1829, Jules Germain Cloquet (1790-1883), chirurgien français, effectua l’ablation d’un sein en raison d’un  cancer sous sommeil magnétique (hypnose réalisée par M. Chapelain) au cours de laquelle la patiente ne manifesta aucun signe de douleur. La patiente fut sortie de son hypnose deux jours plus tard et remis en état d’hypnose en raison de ses réactions émotionnelles à son réveil.

Le terme « hypnotisme » est crée en 1843 par un médecin écossais James Braid. Il donne ce nouveau nom en référence à « Hypnos » dieu grec du sommeil, pour nommer l’état particulier dans lequel les sujets ont un aspect extérieur de sommeil. Pourtant l’hypnose est un état de veille et non de sommeil.

C’est James Braid chirurgien écossais qui pratiqua en 1845 plus de 2000 opérations dont 300 importantes sans douleur grâce à l’anesthésie hypnotique. Pourtant le chloroforme viendra supplanter l’hypnose.

Au 19ème siècle l’hypnose sera mise de coté en France à cause de querelles sur un point de vue divergent entre l’école de la Salpêtrière (dirigé par J.M Charcot) et l’école de Nancy (dirigé par H Bernheim).

C’est aux Etats-Unis et en Russie que l’hypnose prit de l’ampleur grâce à PAVLOV avec ses recherches sur les réflexes conditionnés, et M. ERICKSON dans un travail psychothérapeutique.

Les dates de 1993 et 1999 vont créer un tournant grandiose dans l’histoire des neurosciences et de l’hypnose. Respectivement M.E Faymonville en 1993 et Maquet en 1999 vont faire « la découverte scientifique ». Ils vont confirmer et découvrir grâce au PET scan et à l’IRMf  les processus neurobiologiques dans cet état de veille spécifique. Ils confirment que l’hypnose repose sur des mécanismes cérébraux spécifiques.

pet-scan
imagerie-resonnance-magnetique-irm

On relève l’informations suivante: L’hypnose intervient sur le cerveau tri-unique dans chaque phase.

En état d'hypnose a lieu l'activation

Tronc cérébral (système reptilien) : il s’occupe des fonctions automatiques comme la respiration et la modulation du rythme cardiaque, contrôle la douleur, la vigilance, le sommeil (contient le locus coeruleus à l’origine des rêves) et l’activation des perceptions sensorielles.

tronc-cérébral
cortex-prefrontal

Cortex préfrontal (néocortex) : il gère le langage, le raisonnement, la mémoire de travail, la planification, mais aussi les stimuli: kinesthésique odorat et gout, les émotions et la motivation, la remémoration des souvenirs affectifs, la prise de décision suivi du système de récompense et l’autorégulation du comportement.

Cortex cingulaire antérieur (système limbique) : il intervient dans le comportement affectif, l’évaluation de la pertinence et la régulation des informations émotionnelles , la représentation mentale de la personnalité, l’ auto-jugement, et surtout la représentation de la douleur.

cortex-cingulaire-antérieur
thalamus

Les noyaux de thalamus (système limbique) : c’est une vraie « gare de triage » du message nerveux en réceptionnant et analysant les informations sensorielles et sensitives, ils impactent aussi sur la notion de la conscience de notre corps.

En état d'hypnose a lieu la désactivation

Du précunéus et du cortex cingulaire postérieur. Or ces régions sont très actives, lorsque le sujet est éveillé, même lorsqu’il ne pense à rien. Le précunéus est lui, une région qui sert entre autre à la représentation spatiale de l’environnement, il permet par exemple de « calculer » à l’avance nos mouvements. C’est une des régions les plus connectées de notre cerveau. Le cortex cingulaire postérieur reçoit des afférences en provenance de la formation hippocampique, et s’active lors du rappel de souvenirs autobiographiques. Si l’on part dans le courant psychologique, la déconnexion de ses deux zones permet de contourner le facteur critique (mécanisme permettant de comparer, de juger, d’associer etc… et bloque les idées vers la psyché) pour s’adresser directement à l’ inconscient. Or on sait que l’inconscient ou plus précisément le subconscient gère 95% de nos habitudes. Nous sommes des êtres d’habitudes. Sur 65000 pensées chaque jour, les études montrent que 98% à 95% de nos pensées sont les mêmes chaque jour. Nous sommes contrôlés par notre inconscient et l’hypnose est le moyen d’y avoir accès.

Enfin il existe des zones qui sont activées uniquement chez certains sujets. Ces activations dépendent du contenu de l’hypnose. Par exemple, si le sujet, à choisi un souvenir à prédominance visuelle, on observe des activations occipitales comme si le sujet voyait réellement quelque chose. LE CERVEAU DANS CE CAS NE SAIT PAS FAIRE LA DIFFÉRENCE ENTRE UNE SITUATION RÉELLE ET UNE SITUATION IMAGINAIRE. La théorie des neurones miroirs nous montre alors une activation identique des connexions synaptique entre une situation réelle et une situation imaginée de toute pièce.

 

Je reprendrais donc les termes de mon formateur Gérôme Ettzevoglov pour définir précisément ce qu’est l’hypnose, en voici la définition la plus précise:

« L’état hypnotique se distingue d’un état de veille normal, ou d’autres visualisations comme l’imagerie mentale, par la déconnexion du précunéus et du cortex cingulaire postérieur, suggérant un état modifié de conscience ». (De l’induction Hypnotique, Hypnose Rapide et Instantanée, Gérôme Ettzevoglov).

 Previous  All works Next